La coalition gouvernementale sortante arrive en tête des élections législatives de mercredi 23 septembre, dans un scrutin marqué par une participation historiquement faible et une progression notable des islamistes.
Le taux de participation s'est établi à 38%, son niveau le plus bas depuis près de vingt ans. L'abstention, particulièrement marquée chez les jeunes, constituait l'un des enjeux majeurs de ce scrutin.
Le PAM en tête, sans majorité absolue
Le Parti authenticité et modernité (PAM) remporte 97 sièges sur les 395 que compte la Chambre des représentants. Faute de majorité absolue, le parti devra nouer une nouvelle alliance de coalition, mais c'est de ses rangs que sera issu le prochain chef du gouvernement. Conformément à la Constitution, c'est le Roi Mohammed VI qui désignera la personnalité chargée de former l'exécutif pour les cinq prochaines années.
Plusieurs noms circulent pour ce poste, notamment celui de Fouzi Lekjaa, actuel ministre du Budget et président de la Fédération royale marocaine de football, ainsi que celui de Fatima Ezzahra Mansouri, ministre de l'Aménagement du territoire et maire de Marrakech, évoquée comme possible première femme cheffe de gouvernement du pays. Durant la campagne, le PAM a promis une croissance moyenne de 5% par an, une inflation maîtrisée à 2% et la création d'au moins un million d'emplois sur son mandat.
RNI et Istiqlal en repli, forte poussée du PJD
Le Rassemblement national des indépendants (RNI), parti de l'actuel chef du gouvernement Aziz Akhannouch, arrive deuxième avec 66 sièges, en recul d'une trentaine de sièges par rapport à 2021. Le Parti de l'Istiqlal complète le podium avec 65 sièges.
Le fait marquant du scrutin reste la percée du Parti de la justice et du développement (PJD, opposition islamiste), qui quadruple sa représentation en obtenant 54 sièges, contre 13 en 2021. Le parti avait fait campagne sur la lutte contre la corruption. Dans la nuit, son secrétaire général, l'ancien chef de gouvernement Abdelilah Benkirane, a dénoncé des irrégularités présumées dans certains bureaux de vote . Des accusations auxquelles les autorités n'ont pas encore réagi.
Un vote sur fond de désillusion sociale
Pouvoir d'achat, emploi des jeunes et état des services publics figuraient au cœur du programme du PJD. Des thématiques qui restent parmi les principales préoccupations des citoyens, notamment de la jeunesse. Le Maroc a multiplié ces dernières années les grands chantiers d'infrastructures, dans la perspective du Mondial 2030, coorganisé avec l'Espagne et le Portugal. Mais les disparités sociales et territoriales demeurent fortes dans plusieurs régions du royaume, un contraste qui alimente une partie du désenchantement exprimé lors de ce scrutin.