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Politique monétaire : BAM maintient le taux directeur inchangé, la croissance à 4,4% cette année

Politique monétaire : BAM maintient le taux directeur inchangé, la croissance à 4,4% cette année

Le Conseil de Bank Al-Maghrib a tenu le mardi 22 septembre sa troisième réunion trimestrielle de l’année 2026. Lors de cette session, il a analysé l’évolution de la conjoncture économique, les développements récents sur les plans externe et interne, ainsi que les projections macroéconomiques à moyen terme de Bank Al-Maghrib. 

 

Au niveau international, le Conseil a relevé la recrudescence des hostilités au Moyen-Orient et l’enlisement du conflit russo-ukrainien, qui exacerbent les perturbations des chaînes de production et d'approvisionnement notamment des produits énergétiques et alimentaires, ainsi que de certains intrants essentiels. Il en résulte une montée, accompagnée d’une forte volatilité, des cours des matières premières et une nette accélération de l’inflation. En revanche, la croissance mondiale reste relativement résiliente, soutenue notamment par l’essor des investissements liés à l’intelligence artificielle (IA), ainsi que par la hausse des dépenses publiques, en particulier dans le domaine de la défense. 


Au plan national, l’impact de l’environnement externe défavorable est perceptible sur les importations des produits énergétiques et sur le rythme d’activité de certaines industries dépendantes d’intrants importés. En revanche, l’effet de la flambée des cours de l’énergie sur les prix domestiques reste limité, atténué par les subventions accordées aux professionnels du transport routier et par le maintien des prix du gaz butane et de l’électricité. 


Dans ces conditions, et en raison de la baisse des prix de certains produits alimentaires, l’inflation est restée faible, s’établissant à 0,3% en moyenne sur les huit premiers mois de l’année. 
Elle devrait, selon les prévisions de Bank Al-Maghrib, ressortir à 0,7% sur l’ensemble de l’année 2026 et augmenter à 1,5% en 2027, tirée par sa composante sous-jacente. Celle-ci connaitrait, en effet, une accélération de -0,2% cette année à 2,2% en 2027, reflétant la dissipation de l’impact de la contraction de sa composante alimentaire, notamment les prix de l’huile d’olive, et la persistance de l’inflation importée à un niveau relativement élevé. 


Par ailleurs, les anticipations d’inflation sont restées bien ancrées. Les experts du secteur financier, interrogés au cours du troisième trimestre de 2026 dans le cadre de l’enquête trimestrielle de Bank Al-Maghrib, tablent sur un taux moyen de 2,1% à l’horizon de 8 trimestres et de 2,2% pour celui de 12 trimestres. Le Conseil considère que les incertitudes pesant sur les perspectives économiques demeurent à un niveau très élevé. Sur le plan externe, elles découlent de la persistance des conflits et des fortes tensions géoéconomiques, des inquiétudes grandissantes concernant l’approvisionnement en produits énergétiques et alimentaires ainsi qu’en intrants essentiels, des répercussions de l’envolée des rendements souverains sur les marchés financiers, ainsi que des manifestations de plus en plus 
prononcées du changement climatique. Au niveau interne, elles sont liées aux conditions climatiques et à l’orientation future de la politique économique. 

Tenant compte de cette forte incertitude et au regard (i) de l’évolution à moyen terme de l’inflation à des niveaux modérés; et (ii) de la consolidation attendue de la dynamique de l’activité économique non agricole, le Conseil a jugé approprié de maintenir le taux directeur inchangé à 2,25%. 

Il continuera de suivre de près l’évolution de la conjoncture externe et interne et de fonder ses décisions, réunion par réunion, sur la base des données les plus actualisées. 

Par ailleurs, au niveau national, la valeur ajoutée agricole marquerait un rebond de 16% cette année, tenant compte d’une récolte céréalière estimée par le Département de l’Agriculture à 93 millions de quintaux (MQx), et reculerait de 7,6% en 2027 sous l’hypothèse d’un retour à une production céréalière moyenne de 50 MQx. Pour les activités non agricoles, leur rythme décélérerait de 4,5% en 2025 à 3,1% cette année, en lien avec une évolution moins favorable que prévu de certaines branches, notamment les industries extractives et manufacturières, avant de remonter à 4% en 2027. Au total, la croissance de l’économie nationale ralentirait, selon les projections de Bank Al-Maghrib, de 4,9% en 2025 à 4,4% cette année, puis à 2,9% en 2027.

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