Le ministère de la Transition énergétique et du Développement durable (MTEDD) et l’Agence marocaine de l’efficacité énergétique (AMEE), en appui de la coopération allemande GIZ, ont organisé, le 26 février 2026, un atelier de renforcement des capacités des professionnels des médias sur les enjeux énergétiques et environnementaux du Royaume. Mais au-delà de l’enjeu pédagogique, il était question d’apprécier les réalisations des programmes mis en place.
La Stratégie nationale d'efficacité énergétique (SNEE) du Maroc vise la réduction de 20% de la consommation d'énergie d'ici 2030, en ciblant notamment les secteurs du bâtiment, du transport, de l'industrie et de l'éclairage public.
La consommation énergétique du Royaume étant répartie à 37% dans le secteur du bâtiment, 36% dans les transports, 18% dans l’industrie et 9% dans l’agriculture.
L’énergie consommée, quant à elle, est principalement d’origine fossile (90%) et est importée à 93%, selon les données de 2023 de l’Agence internationale de l’énergie (AIE).
Réduire la consommation revêt donc un double intérêt économique et environnemental.
Le Projet d’appui à l’efficacité énergétique au Maroc (PEEM)
Lancé en 2021 en partenariat avec la Coopération allemande, il a permis la montée en compétence de 800 professionnels, dont des bureaux d’études, des auditeurs, installateurs et architectes, avec 28% de femmes. Au total, 300 bâtiments publics et privés ont réalisé des économies d’énergie de 2 GW/an, et un potentiel de 6 GW/an d’économie seront réalisés avec les mesures en cours.
De même, 103 entreprises industrielles ont réalisé des économies d’énergie de 43 GWh/an, et 8 GWh/an sont en cours avec les mesures mises en place. Au niveau de l’éclairage public, 17 communes ont pu réaliser 45,14 GWh/an d’économie.
L’accélérateur de l’efficacité énergétique dans l’industrie au Maroc (AEEIM)
Le programme a été lancé en 2022, avec le soutien de l’ONUDI et de la Coopération allemande. Il a impliqué 45 entreprises. Ces dernières ont réalisé des économies d’énergie avoisinant les 42 GWh par an.
Il a également permis une baisse globale de 9% de la demande d’énergie et l’émission de 18.000 tonnes de CO2 a pu être évitée.
Au-delà de ces performances, le programme a démontré son potentiel économique. Dans l’industrie agroalimentaire par exemple, l’une des entreprises qui a participé au programme a pu réaliser une économie de 19 MWh d’énergies (thermique et électrique) par an et a réduit de 12 tonnes son émission de gaz à effet de serre grâce à un investissement de 203.000 dirhams dans l’installation d’équipements. Le retour sur investissement s’est fait au bout de 2 mois.