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Aide aux transporteurs : Un dispositif relancé sur fond de critiques récurrentes

Aide aux transporteurs : Un dispositif relancé sur fond de critiques récurrentes

Le gouvernement a annoncé, mardi 17 mars, une nouvelle opération d’aide exceptionnelle au profit des professionnels du transport routier de marchandises et de personnes, en réaction à la hausse des cours pétroliers et à son impact sur les prix des carburants au Maroc. 
Les demandes doivent être déposées à partir du vendredi 20 mars sur la plateforme mouakaba.transport.gov.ma. 

Le dispositif vise notamment les transporteurs de marchandises, le transport public privé de voyageurs, les petits et grands taxis, le transport mixte, les autocars de voyageurs et le transport touristique.

Cette mesure s’inscrit dans le prolongement du mécanisme mis en place en mars 2022. À l’époque, 180.000 véhicules étaient annoncés comme potentiellement éligibles à partir de la première semaine d’avril. 

Pour le transport public de voyageurs, les montants de la première mouture avaient été fixés à 2.200 DH pour les grands taxis, 1.600 DH pour les petits taxis, 1.800 DH pour le transport mixte en milieu rural, 7.000 DH pour les autocars inter-villes et 6.200 DH pour les autobus.

Au fil des tranches successives, l’effort budgétaire est monté en puissance. En janvier 2024, le total débloqué dépassait 5 Mds de DH après 13 tranches de soutien, selon les chiffres alors relayés sur le dispositif.

La logique de l’exécutif était de contenir l’impact de la hausse du gasoil sur les coûts du transport et, indirectement, sur les prix supportés par les ménages.

Mais le précédent programme avait rapidement suscité des critiques. Dès mars 2022, des parlementaires de l’opposition avaient demandé des explications sur les critères de choix des bénéficiaires, les montants retenus et les catégories ciblées. 

Certains avaient aussi soulevé le risque de voir l’aide profiter davantage aux propriétaires d’agréments ou de véhicules qu’aux chauffeurs eux-mêmes, notamment dans le cas des taxis.

La polémique avait pris une autre dimension en avril 2022, lorsqu’un parlementaire avait affirmé qu’un seul détenteur de 200 agréments de transport pouvait percevoir jusqu’à 320.000 DH de subventions par mois. Même si cette situation relevait alors d’une dénonciation politique, elle avait ravivé le débat sur le ciblage réel du dispositif et sur la traçabilité des bénéficiaires.

À cela s’ajoutaient les réserves exprimées par les professionnels eux-mêmes. En janvier 2024, ceux-ci continuaient de plaider pour un mécanisme d’indexation du transport sur le prix du gasoil, estimant que la subvention directe relevait davantage d’un amortisseur conjoncturel que d’une réponse structurelle. 

D’après les éléments relayés à cette date, l’aide ne couvrait plus qu’environ 30% de leurs charges liées au carburant.

Cette nouvelle aide remet donc en place un outil déjà connu, mais sans effacer les questions soulevées lors de la précédente séquence, à savoir ciblage des bénéficiaires, équité du soutien et caractère durable d’un mécanisme appelé à revenir à chaque nouvel épisode de tension sur les carburants.

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