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Chômage : Ce que change la nouvelle méthode de calcul du HCP

Chômage : Ce que change la nouvelle méthode de calcul du HCP

Le Haut-Commissariat au Plan a profondément revu, en 2026, son dispositif de mesure du marché du travail. La nouvelle Enquête sur la Main-d’œuvre (EMO 2026), qui remplace l’Enquête nationale sur l’emploi (ENE), introduit notamment une définition plus restrictive du chômage. Un changement qui modifie le niveau de l’indicateur, sans pour autant expliquer à lui seul la baisse enregistrée entre les deux premiers trimestres de l’année.
 

Depuis le deuxième trimestre 2026, le marché du travail national est analysé à partir d’un nouveau dispositif statistique. L’EMO 2026 a été conçue conformément aux normes les plus récentes de l’Organisation internationale du travail (OIT) et se substitue désormais à l’ancienne Enquête nationale sur l’emploi. Le HCP prévient d’ailleurs que les résultats issus des deux méthodologies ne sont pas directement comparables.

La principale évolution concerne la définition même du chômage. Le HCP retient désormais le concept de «chômage strict», qui ne comptabilise comme chômeuses que les personnes sans emploi, recherchant activement un travail et disponibles pour en occuper un. Les personnes disponibles mais n’ayant pas effectué de recherche active, ainsi que celles ayant engagé des démarches mais n’étant pas disponibles pour travailler, ne sont donc plus intégrées au taux de chômage strict. Plus précisément, une personne doit remplir simultanément trois conditions : être sans emploi durant la semaine précédant l’enquête, avoir recherché un travail ou entrepris des démarches pour lancer une activité au cours des quatre semaines précédentes et être disponible pour travailler dans les deux semaines suivant l’entretien.

Cette nouvelle définition est donc plus restrictive que celle utilisée précédemment. Elle peut, toutes choses égales par ailleurs, conduire à un taux de chômage affiché plus faible. Les personnes exclues du chômage strict ne disparaissent toutefois pas de la mesure du marché du travail. Une partie d’entre elles est désormais regroupée dans la « main-d’œuvre potentielle », correspondant au halo autour du chômage. Au deuxième trimestre 2026, le HCP estime ainsi le nombre de chômeurs au sens strict à 1,121 million de personnes, contre une main-d’œuvre potentielle de 711.000 personnes.

Cette évolution explique également pourquoi le HCP ne se limite plus à un seul taux de chômage. Quatre indicateurs permettent désormais de mesurer différentes formes de sous-utilisation de la main-d’œuvre : le chômage strict, le chômage associé au sous-emploi lié à la durée du travail, le chômage combiné à la main-d’œuvre potentielle et, enfin, un indicateur composite regroupant les trois dimensions.

Au deuxième trimestre, le taux de chômage strict ressort ainsi à 9,5%. Mais il atteint 14% lorsque l’on y ajoute le sous-emploi lié au temps de travail et 14,7% lorsqu’il est combiné à la main-d’œuvre potentielle. L’indicateur le plus large, qui agrège chômage strict, sous-emploi et main-d’œuvre potentielle, fait ressortir une sous-utilisation de la main-d’œuvre de 18,9%.

La méthode explique-t-elle la baisse à 9,5% ?

Le changement méthodologique contribue donc à modifier le niveau du taux de chômage et empêche de comparer directement le chiffre de 9,5% aux taux publiés auparavant dans le cadre de l’ENE.

Il serait cependant inexact d’attribuer à la nouvelle méthode la baisse enregistrée entre le premier et le deuxième trimestre 2026. Les deux périodes sont mesurées selon le même nouveau dispositif. Or, le taux de chômage strict est passé de 10,8% à 9,5%, soit une baisse de 1,3 point. Dans le même temps, le nombre de chômeurs stricts a diminué de 132.000 personnes, tandis que l’emploi contre revenu a progressé de 279.000 postes. Surtout, le mouvement ne concerne pas uniquement le chômage strict. Le taux combinant chômage et main-d’œuvre potentielle est lui aussi passé de 17,1% à 14,7%, tandis que le taux composite de sous-utilisation de la main-d’œuvre a reculé de 22,5% à 18,9%.

Autrement dit, la nouvelle méthodologie contribue à abaisser mécaniquement le périmètre du chômage tel qu’il est désormais présenté, mais elle n’explique pas la baisse trimestrielle observée en 2026. Le HCP a par ailleurs engagé une rétropolation des principaux indicateurs pour la période 2017-2025 selon les nouveaux concepts. Ces séries, encore provisoires, constituent désormais la base pertinente pour comparer l’évolution du chômage dans le temps sans mélanger deux méthodologies différentes. 

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