En concentrant à elle seule plus d’un quart de la contribution à la croissance mondiale en 2025, la Chine confirme son rôle central dans l’économie internationale. Une réalité qui redéfinit les équilibres géoéconomiques et ouvre de nouvelles opportunités pour des économies intermédiaires comme le Maroc.
La hiérarchie de la croissance mondiale évolue rapidement, portée par des dynamiques régionales de plus en plus contrastées. Si les économies avancées continuent de peser dans l’équilibre global, ce sont désormais les grandes économies émergentes, et en particulier asiatiques, qui impriment le rythme.
Cette redistribution des contributions à la croissance ne relève pas d’un simple ajustement conjoncturel : elle traduit une transformation plus profonde des centres de gravité économiques à l’échelle mondiale.
Une domination chinoise
Avec 28,3% de la contribution à la croissance mondiale en 2025, la Chine s’impose comme le principal moteur de l’économie globale. À titre de comparaison, l’Inde représente 18,2% et les États-Unis 9%. Ce différentiel illustre une réalité structurante : la dynamique de croissance mondiale est désormais largement tirée par l’Asie.

Mais au-delà des volumes, c’est la nature de cette contribution qui importe. La Chine ne se contente plus de croître, elle structure les chaînes de valeur, oriente les flux industriels et redéfinit les circuits du commerce international.
Sa capacité à combiner puissance industrielle, innovation technologique et stratégie d’expansion extérieure en fait un acteur systémique.
Cette centralité s’inscrit dans une logique plus large de projection économique, notamment à travers les investissements internationaux et les initiatives comme les Nouvelles routes de la soie, qui visent à connecter marchés, infrastructures et capacités de production à l’échelle globale.
Le Maroc dans la nouvelle géographie des flux industriels
Dans ce contexte, le positionnement du Maroc apparaît de plus en plus stratégique. Le partenariat signé en 2016 entre Rabat et Pékin prend aujourd’hui une dimension concrète, à mesure que les entreprises chinoises redéploient leurs capacités de production à l’international.
Face aux tensions commerciales et aux barrières douanières, notamment américaines, ces groupes cherchent à sécuriser leurs accès aux marchés en s’implantant dans des territoires intermédiaires.
Le Maroc, par sa proximité avec l’Europe, ses accords de libre-échange et son ancrage africain, se positionne comme une plateforme crédible de production et d’export. Les investissements récents en témoignent.
Le projet de gigafactory de Gotion High-Tech, les partenariats industriels autour des matériaux stratégiques impliquant l’OCP, ou encore le développement de la Cité Mohammed VI Tanger Tech traduisent une intégration progressive du Royaume dans les chaînes de valeur mondiales.
Cette dynamique s’inscrit également dans une convergence énergétique. La Chine, leader mondial des technologies renouvelables, et le Maroc, doté d’un potentiel solaire et éolien majeur, partagent des ambitions similaires.
L’implication d’acteurs chinois dans des projets industriels et énergétiques au Maroc, notamment dans l’éolien et à terme dans l’hydrogène vert, renforce cette complémentarité.
Au croisement de ces transformations, le Maroc peut tirer parti du redéploiement industriel chinois pour consolider son rôle de hub euro-africain. Une position qui, dans un monde fragmenté, lui permet non seulement de capter des flux d’investissement, mais aussi de s’insérer dans des segments à plus forte valeur ajoutée.
M. B.