Sous la conduite de Ryad Mezzour, ministre de l’Industrie et du Commerce, l’Agence Maroc PME a lancé à Rabat le Pacte TPME, déclinaison opérationnelle d’Orbit 2030, marquant une inflexion dans la politique d’appui aux entreprises.
Pensé comme un cadre structuré et continu, le dispositif ambitionne de rompre avec les approches fragmentées qui ont longtemps limité la portée des mécanismes publics. Il introduit une logique d’accompagnement global, fondée sur la personnalisation des parcours, la proximité territoriale et une meilleure lisibilité des dispositifs. L’objectif est d’inscrire l’appui aux TPME dans la durée, en tenant compte de leur diversité et de leurs trajectoires.
Cette évolution répond aux fragilités persistantes du tissu productif national. Bien que représentant plus de 95% des entreprises, les TPME restent confrontées à des contraintes d’accès au financement, à des difficultés de montée en gamme et à une insertion encore limitée dans les chaînes de valeur. La prédominance des très petites structures, conjuguée à une forte concentration géographique et à des niveaux de chiffre d’affaires modestes, continue de freiner leur développement.
Adossé à Orbit 2030, le Pacte TPME s’organise autour de trois priorités : renforcer la compétitivité et la résilience des petites et moyennes entreprises, soutenir leur croissance et stimuler la création d’emplois. Sa mise en œuvre repose sur une approche renouvelée, articulée autour de la territorialisation de l’action, de la simplification des parcours, notamment via un point d’entrée unique, et de l’instauration d’une culture de la performance basée sur la mesure d’impact.
Concrètement, le plan se décline à travers une série de dispositifs couvrant l’ensemble du cycle de vie des entreprises. Accélération des structures à fort potentiel, amélioration de la productivité, montée en qualité, transition environnementale, accompagnement à la transmission ou à la restructuration : autant de leviers mobilisés avec des niveaux de soutien pouvant atteindre 80%, voire 90% pour certains cas spécifiques.
À horizon 2030, l’ambition est d’accompagner 4.000 TPME et de contribuer à la création et à la préservation de plus de 54.000 emplois. Au-delà des objectifs chiffrés, le plan consacre surtout une évolution de fond : les TPME sont désormais envisagées comme un levier central de transformation économique.
Lors de cette cérémonie inaugurale, le ton a été donné. Le plan ne se limite manifestement pas à une annonce programmatique : il s’est matérialisé par la signature de plusieurs conventions de partenariat avec les principaux acteurs du tissu économique national, notamment les établissements bancaires, les Centres régionaux d’investissement (CRI) et les institutions publiques concernées. Une manière d’ancrer, d’emblée, ce dispositif dans une logique d’écosystème, où l’accompagnement des TPME devient une responsabilité partagée.
Par la même occasion, l’Agence Maroc PME a dévoilé sa nouvelle identité visuelle. Un changement qui dépasse le registre graphique pour traduire un repositionnement stratégique plus profond : celui d’un opérateur appelé à jouer un rôle central, lisible et orienté impact dans la transformation du tissu productif.