La fondation CDG a organisé ce jeudi 22 à Rabat une rencontre relative aux enjeux de l’évaluation de la mesure de l’impact social.
Cet événement, qui a été couronné par une cérémonie de remise du Prix CDG - Impact social, a consacré trois associations lauréates parmi 15 accompagnées dans le cadre d'un bootcamp dédié au pilotage par l'impact et au renforcement de la culture de la mesure d'impact.
«Cette initiative s'inscrit dans le cadre du renforcement des capacités du secteur associatif marocain en matière d'évaluation et de mesure d'impact social, un axe stratégique de la Fondation visant à valoriser le rôle clé des associations dans la création de valeurs sociales et économiques», a indiqué Wafaa Naim El Idrissi, Directrice générale de la fondation CDG.
Elle a rappelé que son organisme «place la finalité d'impact social au cœur de son action, intervenant à différentes étapes du développement des associations à travers les dispositifs Start (émergence), Boost (élan) et Scale (développement)».
La DG de la fondation CDG a ajouté que «piloter son impact social, c'est s'assurer que nos actions apportent un réel changement dans un horizon long terme. Ce dispositif vise à mener un travail de fond collectif pour valoriser le tiers secteur, à mettre en lumière son rôle clé, à promouvoir les bonnes pratiques et à renforcer la culture de l'impact social».
Wafaa Naim El Idrissi a également annoncé le déploiement du campus de formation dans d'autres régions, avec une première étape prévue à Ouarzazate, ainsi que le lancement imminent de la première cohorte du parcours certifiant en gouvernance des organisations de l'économie sociale et solidaire, en partenariat avec l'Université Internationale de Rabat (UIR) et l'Institut marocain des administrateurs.
Mohammed Dardouri, Wali et Coordinateur national de l'Initiative nationale pour le développement humain (INDH), a, de son côté, mis en avant «l'importance de l'évaluation d'impact dans les politiques publiques, relevant que l'INDH a intégré depuis 2018, lors du lancement de sa troisième phase, un pôle dédié au suivi, à l'évaluation et à la mesure d'impact. Cette approche permet de d’orienter les politiques publiques là où elles doivent atterrir, autrement dit, faire rencontrer l'offre et la demande». Il a cité l'exemple du programme de santé communautaire, déployé dans trois grandes régions pour améliorer la santé mère-enfant.
«Nous avons travaillé sur le changement de comportement, notamment en matière d’allaitement maternel, passant de 35% à 45% des femmes qui allaitent naturellement», a noté Dardouri.
Il a également souligné les résultats encourageants en termes de réduction de la mortalité maternelle et infantile, avec pratiquement «zéro décès» enregistré dans plusieurs zones d'intervention, témoignant de l'impact concret des théories de changement mises en œuvre depuis 2019.
En vue d’enrichir les débats sur le sujet, l’évènement a été marqué par l’organisation d’une table-ronde, qui a regroupé des acteurs institutionnels et des experts dans le domaine.
Le panel qui a été placé sous la thématique «Piloter par l'impact : méthodes & pratiques, enjeux & défis», a été animé par Murielle Chauvel, directrice d’ESSEC Impact Unlimited, Manal El Abboubi, professeure à l’Université Mohammed V et coordinatrice de la chaire Innovations sociales de HEM Research Center, et Imane Fahli, conseillère senior en politiques publiques au Tony Blair Institute for Global Change.
Les trois intervenantes ont mis en exergue leurs expériences en matière de mesure et de pilotage de l'impact social. Elles ont aussi discuté des méthodologies d'évaluation d'impact adaptées au contexte marocain, des défis liés à la collecte de données, à l'attribution des résultats, ainsi que des bonnes pratiques internationales pouvant inspirer le développement du secteur associatif national.
Ces expertes ont également mis l'accent sur l'importance d'une approche structurée et rigoureuse pour démontrer la valeur ajoutée des interventions sociales et renforcer la crédibilité des associations auprès de leurs parties prenantes.
«L’organisation de cet événement témoigne de l'engagement collectif en faveur de la structuration et de la professionnalisation du secteur associatif marocain, notamment à travers le renforcement de la culture de l'impact et l'adoption d'outils de mesure rigoureux adaptés au contexte national», a conclu Imane El Fahli.
C.J