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Typologie d’habitat : Face à la rareté du foncier, montée en puissance des petits espaces

Typologie d’habitat : Face à la rareté du foncier, montée en puissance des petits espaces

Les promoteurs privilégient désormais des logements plus compacts, tandis que les acquéreurs se tournent vers des studios ou des appartements de petite superficie, proches des centres urbains et des commodités.

L’essor économique et démographique du Royaume a eu un effet palpable sur l’évolution urbanistique. Faute de foncier à l’intérieur des villes, les métropoles s’étendent vers la périphérie, leur périmètre ne cessant de s’allonger au détriment de terres agricoles. Pour répondre à la demande en logement et faire face à la rareté des terrains constructibles, les promoteurs immobiliers tentent d’optimiser l’utilisation du sol dans leurs projets. Si la part dédiée aux voiries, aux équipements publics et aux espaces verts est strictement réglementée, celle consacrée aux logements peut subir quelques modifications.

Ces dernières années, on observe davantage d’offres immobilières proposant des habitats avec une superficie de plus en plus réduite. La formule de la copropriété reste la plus prisée.

Ainsi, le dernier recensement de la population de 2024 fait ressortir que le parc de logements urbain a atteint 8,34 millions d’unités, avec une prédominance des appartements, dont la part est passée de 17,4% en 2014 à 65% en 2024, au détriment des maisons traditionnelles. Cette tendance devrait se poursuivre dans les années à venir.

Les nouveaux lotissements sont dédiés exclusivement à des immeubles R+3 et plus. Dans les quartiers résidentiels, la préférence penche pour les immeubles R+5. C’est le cas des grandes villes à forte pression démographique. Mais dans les petites et moyennes villes, c’est plutôt la tendance pour les immeubles R+2 ou R+3 avec des rez-de-chaussée destinés exclusivement au commerce qui prédomine.

«Sous l’effet de la hausse du prix du foncier, qui représente parfois 60% du coût d’un projet immobilier, et des coûts des matériaux de construction en constante augmentation, les promoteurs optent pour la réduction des superficies des logements pour que les prix restent accessibles. A cause de la faiblesse du pouvoir d’achat, les biens immobiliers d’1 million de DH sont plus faciles à financer. Du coup, on assiste à la prolifération des studios composés d’une chambre, cuisine et salle de bains, d’une surface inférieure à 50 m2. Les acquéreurs préfèrent un logement bien aménagé dans un quartier résidentiel proche du centre-ville que d’un autre plus grand dans un quartier populaire ou dans la périphérie. Cela leur permet d’affirmer leur appartenance à une certaine catégorie sociale et de se tenir à l’écart des quartiers populaires», souligne Mohamed Alaoui, expert en immobilier.

Et d’ajouter qu’«avec ce choix, l’acheteur est proche de toutes les commodités et évite les longs trajets quotidiens pour aller au travail, accompagner les enfants à l’école, faire les courses… Cette tendance s’accentue avec l’augmentation du nombre de familles restreintes, notamment celles des seniors dont les enfants ont grandi, les jeunes couples et les célibataires qui préfèrent quitter le domicile parental».

Alaoui note par ailleurs que «l’intérêt pour les studios s’explique également pour des raisons économiques, car ils sont faciles à louer, à entretenir et avec un rendement intéressant par rapport à l’investissement».

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