Le Centre Mohammed VI de Soutien à la Microfinance Solidaire (CMS) a réuni, jeudi à Casablanca, responsables d'institutions de microfinance, experts et partenaires nationaux et africains autour des défis de la transformation institutionnelle et digitale du secteur. Un rendez-vous placé sous le signe d'une conviction partagée : innover sans trahir.
D'emblée, la présidente du Conseil d'administration du CMS, Naziha Belkeziz, a posé le cadre : la transformation institutionnelle n'est pas «une option conjoncturelle», mais «une exigence structurelle». Elle a insisté sur le fait que le numérique doit demeurer un instrument au service des institutions, et non l'inverse. «La technologie ne remplace pas les institutions, elle les renforce lorsqu'elles sont solides», a-t-elle tranché.
Ce principe d'équilibre a traversé l'ensemble des interventions. Taoufik Triqui, chargé de mission au Cabinet Royal s'exprimant au nom de la Fondation Mohammed V pour la Solidarité, a rappelé que la microfinance est avant tout «un outil de proximité, de confiance et d'autonomisation», pleinement en cohérence avec les orientations royales en faveur du développement humain et de la réduction des inégalités. Si le secteur entre dans «une phase charnière», a-t-il souligné, la transformation attendue «ne peut être uniquement technologique. Elle doit être avant tout humaine et équitable».
La directrice générale du CMS, Amina Sakioudi, a abondé dans ce sens, soulignant que le secteur a déjà «profondément transformé la vie de millions de citoyens» et que l'heure n'est pas à la rupture mais à l'adaptation. «Transformer ne signifie pas rompre avec ce qui a fait la force du secteur», a-t-elle affirmé, avant de résumer en trois formules sa vision du digital : «inclure, pas exclure ; rapprocher, pas éloigner ; servir, pas remplacer.»
Les débats ont également bénéficié d'un éclairage continental, avec la participation de représentants du Kenya, du Bénin et de Tunisie, faisant de ce séminaire une plateforme de dialogue à vocation africaine autant que nationale.