Nabil Benabdallah, secrétaire général du Parti du progrès et du socialisme (PPS), a indiqué que sa rencontre avec Fatima-Zahra Mansouri, cheffe du gouvernement désignée, a été l’occasion de la féliciter pour sa nomination par le Roi. Il a estimé que la désignation, pour la première fois dans l’histoire du Maroc, d’une femme à la tête du gouvernement revêt une «symbolique essentielle», exprimant l’espoir que cette évolution puisse contribuer à renforcer l’égalité entre les femmes et les hommes.
Dans une déclaration à l’issue des consultations avec Fatima-Zahra Mansouri, Benabdallah a expliqué que la rencontre a également permis d’aborder plusieurs questions qui préoccupent le PPS, notamment à la lumière des enseignements tirés des dernières élections. Selon lui, les résultats électoraux ont traduit «une colère présente dans la rue», résultant de plusieurs facteurs accumulés qui doivent être pris en considération.
Il a également souligné que le fort taux d’abstention constitue un sujet d’interrogation pour la classe politique, les partis et l’espace politique dans son ensemble. Cette situation, a-t-il estimé, appelle des réponses permettant de restaurer la confiance et d’instaurer un nouveau climat de crédibilité.
Le secrétaire général du PPS a précisé que son parti a insisté, lors de la rencontre, sur la nécessité de renforcer l’espace démocratique, de consolider les libertés et les droits et de favoriser une détente politique susceptible de contribuer au rétablissement de la confiance. Il a également évoqué plusieurs dossiers liés notamment au Code de la famille et aux droits attendus par les citoyens.
Benabdallah a, par ailleurs, souligné que la moralisation de la vie publique constitue une autre question centrale, suscitant de nombreuses interrogations au sein de la société. Il a affirmé que son parti a constaté avec «une profonde satisfaction» une ouverture et une écoute à l’égard de ces différentes préoccupations au cours de la rencontre.
Le secrétaire général du PPS a également relevé l’existence de points de convergence entre les deux formations autour de plusieurs priorités, notamment la nécessité d’accorder une attention particulière à la situation sociale des citoyennes et des citoyens et de placer l’être humain au cœur du processus de développement, ainsi qu’à plusieurs priorités d’ordre économique.
En revanche, Benabdallah a indiqué que le PPS n’a pas encore arrêté sa position définitive quant à la manière dont il entend appréhender la nouvelle configuration politique. Il a précisé que les discussions internes au sein du parti se poursuivent depuis les dernières élections.
Il a rappelé que le PPS, en tant que parti démocratique, est traversé par un débat interne au sein duquel les opinions divergent. La décision finale, a-t-il ajouté, ne dépendra pas uniquement de l’appartenance politique de la cheffe du gouvernement désignée et du Parti authenticité et modernité (PAM), mais également de la position du PPS à l’égard des autres formations politiques nationales.
Nabil Benabdallah a enfin assuré que le PPS poursuivra ses discussions internes afin de faire émerger et de mûrir sa position, dans l’attente de l’achèvement du premier round de contacts et de consultations, ainsi que des éventuelles discussions qui pourraient suivre pour déterminer les différentes options envisageables.
Yousra Salhi