Les frappes annoncées par Washington et Tel-Aviv contre des cibles en Iran ont immédiatement provoqué une onde de choc diplomatique. Téhéran promet une riposte «ferme» et a déjà procédé à des tirs de missiles, notamment en direction d’Israël.
En Iran, le ministère des Affaires étrangères a assuré que le pays «répondra fermement aux agresseurs», affirmant avoir «fait tout le nécessaire pour éviter la guerre».
Une posture de fermeté qui s’inscrit dans un contexte de tensions déjà élevées autour du dossier nucléaire et du rôle régional de la République islamique.
La Russie, alliée stratégique de Téhéran, a condamné les frappes, qualifiées d’«aventure dangereuse» susceptible de plonger la région dans la «catastrophe». Moscou estime que l’objectif serait de «détruire» le gouvernement iranien, dénonçant ainsi une logique de changement de régime.
Le Pakistan a, lui aussi, «condamné fermement» ces «attaques injustifiées», appelant à un arrêt immédiat de l’escalade.
En Indonésie, le président a proposé une médiation entre Washington et Téhéran, exhortant toutes les parties à la retenue.
Au Liban, le Premier ministre a assuré que son pays ne se laisserait pas «entraîner» dans le conflit, alors que plane le spectre d’une implication du Hezbollah pro-iranien.
L’Europe entre prudence diplomatique et rappels au droit international
Du côté de l’Union européenne, les appels à la retenue dominent.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a plaidé pour une «retenue maximale» et insisté sur la nécessité de garantir la sûreté nucléaire.
La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, s’est dite préoccupée par l’évolution «périlleuse» de la situation, appelant à la protection des civils et au respect du droit international humanitaire.
Le Royaume-Uni a exprimé sa volonté d’éviter une aggravation susceptible de déboucher sur un conflit régional élargi.
En France, le président Emmanuel Macron a jugé l’escalade «dangereuse pour tous» et demandé la tenue d’une «réunion urgente» du Conseil de sécurité de l’ONU.
Il a également estimé que la parole devait être «rendue au peuple iranien».
L’Espagne a adopté une position plus critique. Le Premier ministre Pedro Sánchez a affirmé «rejeter» à la fois «l’action militaire unilatérale des États-Unis et d’Israël» et «les actions du régime iranien et des Gardiens de la Révolution», exigeant une désescalade immédiate.
Les Pays-Bas, l’Irlande, la Suède et la Suisse ont également multiplié les appels à la retenue et au respect du droit international, certains pointant la responsabilité de Téhéran dans la dégradation du climat sécuritaire régional.
Hors d’Europe, les réactions divergent nettement. L’Australie a déclaré soutenir l’action américaine visant à empêcher l’Iran d’obtenir l’arme nucléaire.
L’Ukraine a estimé que «la violence et l’arbitraire du régime iranien» sont à l’origine des événements actuels.
La République tchèque a dénoncé un «programme nucléaire iranien incontrôlable» et son soutien au terrorisme, le jugeant dangereux pour l’Europe.
De son côté, l’Union africaine a appelé à une «désescalade urgente» et à un dialogue soutenu afin d’éviter une aggravation de l’instabilité mondiale.
La Corée du Sud a exhorté toutes les parties à déployer tous les efforts possibles pour apaiser les tensions.
Au total, ces réactions illustrent une ligne de fracture internationale persistante : certains Etats soutiennent l’argument de la prévention nucléaire avancé par Washington et Tel-Aviv, tandis que d’autres dénoncent une action unilatérale risquant d’embraser le Moyen-Orient.