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Sahara marocain : Rabat déroule, la Rasd déchante

Sahara marocain : Rabat déroule, la Rasd déchante

Ce mois d’avril 2026 n’a pas été un mois ordinaire pour la diplomatie marocaine. Il a confirmé une tendance de fond qui, désormais, ne relève plus de l’exception mais de la norme. 

En effet, le dossier du Sahara marocain avance, non pas par à-coups, mais par consolidation progressive d’un consensus international qui s’élargit et se densifie.

Ainsi, ce qui frappe d’abord, c’est la cohérence des positions exprimées à travers plusieurs capitales. Londres, Vienne, Bamako, Washington ou encore Tegucigalpa (Honduras) parlent désormais le même langage. Le Royaume-Uni, par la voix de sa cheffe de la diplomatie, Yvette Cooper, réaffirme que le plan d’autonomie constitue la base la plus crédible, viable et pragmatique pour parvenir à une paix durable.

Le soutien britannique vient renforcer une architecture déjà consolidée par l’Espagne, la France et une majorité d’Etats membres de l’Union européenne. Ainsi, l’Autriche s’inscrit dans la même logique en considérant qu’une autonomie sous souveraineté marocaine figure parmi les solutions les plus réalistes. 

Dans la même veine, les Etats-Unis restent un partenaire précieux, comme l’a rappelé tout récemment l’ambassadeur du Maroc aux USA, Youssef Amrani, en évoquant une relation appelée à jouer un rôle déterminant dans les équilibres régionaux. La reconnaissance américaine, en 2020, de la souveraineté pleine et entière du Maroc sur ses provinces du Sud continue, de fait, de produire ses effets en servant de référence implicite dans plusieurs capitales.

La diplomatie parlementaire, illustrée par les prises de position belges ou dominicaines, ajoute une couche supplémentaire à cette dynamique en élargissant le cercle des soutiens au-delà des seuls exécutifs.

Cet alignement est une évolution naturelle qui repose sur un socle désormais stabilisé, notamment la résolution 2797 du Conseil de sécurité, adoptée fin octobre 2025, qui encourage le processus politique en mettant clairement en avant l’initiative marocaine d’autonomie comme référence de négociation.

 

La RASD de plus en plus méprisée

Dans ce contexte, les décisions de retrait ou de suspension de reconnaissance de la pseudo RASD prennent une dimension particulière. Le Honduras vient d’en faire la démonstration, rejoignant une liste qui ne cesse de s’allonger. Le Mali, quelques jours plus tôt, a lui aussi opéré un virage significatif en rompant avec une position vieille de plusieurs décennies. Avec six retraits en deux ans et plus de 60 pays qui ne reconnaissent plus cette république fantoche actuellement, c’est peu de dire qu’il y a une tendance de fond.

Ces décisions traduisent un basculement dans la perception internationale du conflit. De plus en plus d’Etats considèrent que la persistance de la reconnaissance de la RASD est en décalage avec la réalité géopolitique actuelle et la dynamique onusienne en cours. Le référentiel a changé. Il n’est plus question de maintenir une posture héritée des années 70, mais de s’inscrire dans une logique de résolution pragmatique de ce conflit artificiel.

Dans le même temps, la diplomatie marocaine ne se limite pas à engranger des soutiens. Elle travaille à élargir le périmètre de ses appuis en les inscrivant dans des partenariats concrets. L’exemple de l’Equateur est révélateur. Après le retrait de sa reconnaissance de la RASD, la relation bilatérale entre Rabat et Quito entre dans une nouvelle phase, marquée par des projets économiques, des perspectives d’investissement et même une extension de la couverture consulaire au Sahara marocain. Autrement dit, le soutien politique se double d’un ancrage économique.

Ce lien entre diplomatie politique et projection économique est l’un des marqueurs de la stratégie marocaine. Il donne de la consistance aux positions exprimées et les inscrit dans la durée. Le Sahara marocain devient ainsi un espace d’opportunités et de coopération.

Face à cela, le camp adverse apparaît de plus en plus isolé. La RASD voit son espace diplomatique se réduire comme une peau de chagrin et peine à proposer une alternative crédible. Quant à l’Algérie, son rôle central dans le maintien du statu quo devient plus visible, mais aussi plus difficile à défendre dans un environnement international qui privilégie désormais le pragmatisme.

Un pragmatisme qui, à n’en pas douter, est la force de la diplomatie marocaine. Laquelle, à force d’accumuler les succès, a fini par faire basculer les lignes en sa faveur. Au grand dam de ses ennemis !

 

F. Ouriaghli

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