Dans le tempo feutré des grandes séquences diplomatiques, le Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a reçu, jeudi à Rabat, Christopher Landau, Secrétaire d’État-adjoint américain, en visite officielle au Maroc. Autour de la table, où prenait également place l’ambassadeur des Etats-Unis au Maroc, Duke Buchan, les échanges ont esquissé les contours d’un partenariat que les deux capitales entendent hisser à un niveau d’ambition renouvelé.
Sous l’égide des deux chefs d’États, Sa Majesté Le Roi Mohammed VI, que Dieu l’assiste, et le Président américain SEM Donald Trump, Rabat et Washington réaffirment la centralité de leur relation stratégique. Une relation que le Chef du gouvernement a inscrite dans une continuité assumée, tout en appelant à en élargir les perspectives, à la faveur d’un contexte international en recomposition.
Au cœur des discussions, la question nationale s’est imposée comme un point d’ancrage majeur. Le Maroc a exprimé sa considération pour la position américaine, réitérée la veille, reconnaissant la souveraineté du Royaume sur ses provinces du Sud. Washington a, par la même occasion, réaffirmé son soutien à l’initiative d’autonomie marocaine, érigée en socle exclusif d’un règlement durable du différend.
Au-delà du registre politique, c’est toute l’architecture économique du partenariat qui a été revisitée. Le Chef du gouvernement a salué l’encouragement apporté par les États-Unis aux entreprises américaines souhaitant investir dans les provinces du Sud, notamment dans des filières à fort potentiel telles que l’hydrogène vert, le tourisme, l’agriculture et les énergies renouvelables. Une dynamique qui conforte l’ambition du Maroc de se positionner comme une plateforme stratégique pour les investissements américains à destination du continent africain, dans une logique d’intégration et de complémentarité.
Les deux parties ont également exploré les leviers d’intensification des flux commerciaux et des investissements, tout en soulignant le rôle structurant d’instruments de coopération tels que la Millennium Challenge Corporation et la International Development Finance Corporation. Une attention particulière a, en outre, été portée à l’accompagnement des opérateurs américains dans le champ social, notamment dans les secteurs de l’éducation et de la santé, où les besoins de convergence restent significatifs.
En filigrane, c’est la profondeur historique de la relation maroco-américaine qui a été convoquée, depuis le traité d’amitié signé en 1787, jusqu’aux ambitions contemporaines d’un partenariat appelé à se redéployer dans des horizons élargis. Une séquence diplomatique qui, au-delà des symboles, dessine les lignes d’un dialogue stratégique appelé à s’inscrire dans la durée.