La FIFA ambitionne de consacrer plus de 10 milliards de dollars au développement du football au cours des quatre prochaines années grâce à une profonde réorganisation de son modèle économique.
L'initiative, qui devra encore être approuvée par le Conseil de la FIFA et par une majorité de ses 211 fédérations membres, prévoit notamment l'ouverture de ses activités commerciales à des investisseurs privés minoritaires.
Au cœur du projet figure la création de FIFA Forward Enterprise (FFE), une filiale détenue à 100% par la FIFA qui regrouperait l'ensemble des activités commerciales de l'instance, notamment les droits audiovisuels, le sponsoring, la billetterie, les licences ainsi que l'organisation de ses compétitions.
Cette nouvelle structure pourrait lever jusqu'à 4,2 milliards de dollars sur la base d'une valorisation de 20 milliards de dollars, les bénéfices devant être entièrement réinvestis dans le développement du football.
Si le projet est adopté, les aides du programme FIFA Forward seraient fortement revalorisées. Chaque fédération nationale pourrait percevoir jusqu'à 20 millions de dollars pour la période 2027-2030, contre 8 millions actuellement.
Un nouveau dispositif, baptisé FIFA Fast-Forward Programme, offrirait également jusqu'à 20 millions de dollars supplémentaires par association pour financer des infrastructures, notamment des stades et des centres nationaux d'entraînement.
Pour le président de la FIFA, Gianni Infantino, cette réforme vise à mieux redistribuer la valeur économique générée par le football au profit de l'ensemble des fédérations, afin de leur permettre de définir leurs propres priorités de développement.
Mais le projet suscite déjà des réserves, notamment en Europe. Le président de la Fédération française de football (FFF), Philippe Diallo, estime qu'il soulève «beaucoup d'interrogations», regrettant que les fédérations membres aient découvert cette initiative sans avoir été consultées au préalable.
Il a annoncé des échanges avec les principales fédérations européennes et l'UEFA afin d'évaluer les implications de cette évolution.
L'UEFA s'est montrée encore plus critique, estimant que l'ouverture aux investisseurs privés franchit «une ligne que les institutions gouvernant le football ne devraient jamais franchir».
L'organisation européenne redoute une marchandisation accrue du football et appelle à davantage de transparence sur la gouvernance et l'utilisation future des revenus générés.