La Banque mondiale a mis en lumière, mardi, la stratégie marocaine de communication pour le changement social et comportemental en faveur de la petite enfance. Portée par l'Initiative nationale pour le développement humain, en partenariat avec le ministère de la Santé et de la Protection sociale et avec l'appui de l'institution, elle vise à améliorer la nutrition durant les 1000 premiers jours de vie de l'enfant.
Fruit de recherches et de consultations approfondies, cette stratégie s'appuie sur les sciences comportementales pour comprendre comment les ménages prennent leurs décisions. Selon un article d'analyse publié sur le site de la Banque mondiale, elle permet de "traiter les obstacles pratiques et sociaux qui influencent les comportements".
Quatre objectifs, des campagnes thématiques
Le cadre national repose sur quatre objectifs, déclinés en campagnes dédiées : sensibiliser à l'importance des 1000 premiers jours, encourager une bonne nutrition maternelle, promouvoir un allaitement maternel optimal et favoriser des pratiques adaptées d'alimentation complémentaire.
Des familles informées et autonomes
Au cœur de l'approche marocaine, souligne la Banque mondiale, une conviction : les progrès durables passent par l'adoption de pratiques plus saines par des familles bien informées et autonomes. Les actions dépassent donc la communication de masse, avec des dialogues locaux, des séances de conseil et des dispositifs de soutien par les pairs.
En impliquant mères, pères, grands-parents et responsables communautaires, la stratégie cherche à faire évoluer les normes sociales autour des soins maternels, de l'alimentation du nourrisson et de la stimulation précoce des enfants.
Professionnels de santé et relais communautaires en première ligne
Les professionnels de santé et les relais communautaires jouent un rôle d'intermédiaires de confiance, en aidant les familles à traduire les recommandations en gestes quotidiens. Pour les outiller, un MOOC (cours en ligne ouvert) a été conçu et déployé, couvrant les 1000 premiers jours, les sciences comportementales et les techniques de conseil.
Pour la Banque mondiale, "l'expérience du Maroc montre qu'un changement durable nécessite plus que l'élargissement de l'offre de services de santé" : il faut aussi impliquer familles et communautés. En s'appuyant sur les sciences comportementales, le Royaume investit ainsi dans le capital humain "là où les retombées sont les plus élevées : les 1 000 premiers jours".