Au quatrième jour de l’offensive israélo-américaine contre l’Iran, le conflit prend une ampleur régionale inédite.
Téhéran a annoncé mardi l’interdiction immédiate de toutes les exportations de produits alimentaires et agricoles, affirmant vouloir donner la priorité à l’approvisionnement de sa population en biens essentiels.
Selon un communiqué relayé par l’agence Tasnim, «l’exportation de tous les produits alimentaires et agricoles est interdite jusqu’à nouvel ordre».
Cette décision intervient alors que l’Iran a déclenché un plan d’urgence national après les frappes menées par les Etats-Unis et Israël, qui ont notamment coûté la vie au guide suprême Ali Khamenei ainsi qu’à plusieurs hauts responsables militaires.
Parallèlement, les autorités iraniennes ont appelé le Conseil de sécurité de l’ONU à intervenir pour mettre fin aux hostilités.
«S’il le souhaite, le Conseil de sécurité peut agir» et a «un devoir» en ce sens, a déclaré le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, estimant qu’«il n’y a pas d’obstacle à son action, excepté sa propre volonté».
Sur le terrain, les affrontements se multiplient. L’armée iranienne affirme avoir lancé des attaques contre des cibles militaires en Israël ainsi que contre la base américaine d’Al-Udeid au Qatar.
Les Gardiens de la Révolution ont, de leur côté, promis des «attaques punitives en continu», avertissant que «les portes de l’enfer s’ouvriront un peu plus à chaque instant sur les Etats-Unis et Israël».
Doha a confirmé avoir déjoué des tentatives d’attaque contre l’aéroport international Hamad, assurant que les missiles ont été interceptés et qu’aucun n’a atteint sa cible. Le Qatar a également indiqué ne plus être en contact avec l’Iran depuis le début des frappes.
Israël poursuit pour sa part ses bombardements «simultanés» contre l’Iran et le Liban.
Des frappes ont visé la présidence iranienne et le Conseil suprême de sécurité nationale à Téhéran, tandis que Beyrouth, notamment la banlieue sud bastion du Hezbollah, a été touchée à plusieurs reprises. L’armée israélienne affirme cibler des objectifs militaires et des membres du Hezbollah.
Au Liban, les combats ont déjà provoqué le déplacement d’au moins 30.000 personnes, selon l’ONU.
Dans le Golfe, les tensions se propagent. Les Gardiens de la Révolution ont revendiqué une attaque contre une base américaine à Bahreïn, tandis qu’Oman a signalé l’interception de drones près de son territoire.
Les ambassades américaines à Ryad et au Koweït ont fermé temporairement, et Washington a ordonné le départ de son personnel diplomatique non essentiel dans plusieurs pays de la région.
Sur le plan économique, les marchés réagissent vivement. Les cours du pétrole ont grimpé, le baril de Brent atteignant 85 dollars, tandis que le gaz européen bondissait de 39%.
Enfin, la menace d’un embrasement maritime plane sur le détroit d’Ormuz, où la navigation est fortement perturbée.
Un responsable iranien a averti que tout navire tentant de franchir le détroit pourrait être pris pour cible, alors que la Chine appelle à la retenue et à la sécurisation des voies maritimes.