L’Argentine a officiellement acté son retrait de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), une décision confirmée mardi par le ministre des Affaires étrangères, du Commerce international et des Cultes, Pablo Quirno, marquant l’aboutissement d’un processus engagé en 2025.
«Conformément aux dispositions de la Convention de Vienne sur le droit des traités, le retrait prend effet un an après la notification», a écrit Quirno sur les réseaux sociaux, précisant que la décision est entrée en vigueur à l’issue du délai réglementaire prévu par le droit international.
Cette annonce formalise la volonté du gouvernement argentin de se désengager des structures multilatérales jugées contraires à la «souveraineté nationale».
Buenos Aires avait initialement notifié son intention de quitter l’organisation en février 2025, dans un contexte de fortes critiques à l’égard du rôle de l’OMS durant la pandémie de Covid-19.
Dans un communiqué, les autorités argentines ont réaffirmé leur intention de «promouvoir la coopération internationale en matière de santé par le biais d’accords bilatéraux et de forums régionaux», tout en «préservant pleinement la souveraineté et l’autonomie décisionnelle» du pays en matière de politiques sanitaires.
Le gouvernement reproche notamment à l’OMS d’avoir soutenu des politiques sanitaires qu’il considère comme responsables de graves conséquences économiques et sociales.
Il accuse également l’organisation d’être influencée par des considérations politiques plutôt que scientifiques et de chercher à restreindre la souveraineté des États membres.
Selon l’exécutif argentin, l’OMS figure parmi les organisations supranationales «qui ne remplissent pas les objectifs pour lesquels elles ont été créées» et qui tendent à s’imposer aux États.
L’Argentine était membre de l’organisation depuis 1948. Son retrait met fin à près de huit décennies de participation aux mécanismes de coordination internationale en matière de santé publique.
Cette décision suscite toutefois des critiques au sein de la communauté sanitaire et académique. L’ancien ministre de la Santé, Adolfo Rubinstein, a estimé que quitter l’OMS revient à «s’exclure des politiques de santé mondiale, des cadres réglementaires et du Règlement sanitaire international», tout en réduisant la capacité d’influence du pays sur les grandes orientations sanitaires internationales.
De son côté, Marcelo Garcia Diéguez, ancien responsable au ministère de la Santé et universitaire, a souligné que la participation aux organisations multilatérales permettait à l’Argentine «de faire entendre sa voix dans un cadre global», mettant en garde contre les conséquences d’un isolement institutionnel.
La décision de Buenos Aires s’inscrit dans une tendance plus large de remise en question de certaines institutions internationales, illustrée notamment par des initiatives similaires annoncées par d’autres pays ces dernières années.