Un tribunal syrien a condamné mardi le président déchu Bachar al-Assad, son frère Maher et plusieurs autres ex-responsables à la peine de mort, pour les crimes commis durant la guerre civile, dans de premiers jugements à l'encontre de membres de l'ancien pouvoir.
Les autorités de transition, qui ont renversé Bachar el-Assad en décembre 2024, au terme de 13 ans d'une guerre civile meurtrière, se sont engagées à ce que justice soit faite pour les crimes commis sous son pouvoir. Et en avril, la justice avait engagé des poursuites contre Bachar el-Assad et d'autres responsables. ONG et gouvernements étrangers avaient alors insisté sur l'importance de la justice de transition pour assurer l'avenir du pays.
Devant un tribunal de Damas, le juge Fakhr al-Din al-Aryan a reconnu Bachar el-Assad coupable de "crimes contre l'humanité et de crimes de guerre" dont les chefs d'"assassinat avec préméditation, meurtre intentionnel de plusieurs personnes, meurtre intentionnel d'enfants de moins de 15 ans (...), torture ayant entraîné la mort et privation de liberté". "Il est donc condamné à mort", a-t-il déclaré.
Le dirigeant déchu a été condamné par contumace après s'être enfui à Moscou en décembre 2024, avec une poignée de proche, alors que les forces dirigées par les islamistes se rapprochaient de Damas. Il a abandonné dans sa fuite hauts fonctionnaires et responsables de la sécurité, dont certains se seraient exilés à l'étranger ou auraient trouvé refuge dans le fief côtier de la minorité alaouite dont est issu son clan.
La guerre civile syrienne a été déclenchée par la répression sanglante de manifestations prodémocratie, dans le sillage des "Printemps arabes", vague de révoltes à travers la région. Plus d'un demi-million de personnes ont été tuées et des millions d'autres déplacées. Des dizaines de milliers de personnes ont disparu, dont beaucoup victimes des exactions généralisées dans les geôles du pouvoir.