Le haut-commissariat au Plan (HCP) vient de publier les résultats de l’enquête permanente de conjoncture auprès des ménages pour le quatrième trimestre 2025. L’enseignement principal est que la confiance des ménages s’améliore.
L’Indice de confiance des ménages (ICM) atteint 57,6 points contre 53,6 points au trimestre précédent et 46,5 points à la même période de 2024.
Cette progression traduit un climat moins dégradé qu’au cours des derniers trimestres, même si plusieurs indicateurs demeurent en territoire négatif.
La perception de l’évolution du niveau de vie reste largement pessimiste. Au quatrième trimestre 2025, 77,8% des ménages déclarent une dégradation du niveau de vie au cours des 12 derniers mois, contre 16,9% qui estiment qu’il s’est maintenu et seulement 5,3% qui perçoivent une amélioration.
Le solde d’opinion correspondant s’établit à moins 72,5 points, après moins 72,9 points au trimestre précédent et moins 76,2 points un an auparavant.
Les anticipations pour les 12 prochains mois sont un peu moins sombres : 49,4% des ménages s’attendent à une dégradation du niveau de vie, 40,7% à un maintien et 9,9% à une amélioration.
Le solde d’opinion ressort à moins 39,5 points, contre moins 44,3 points au trimestre précédent et moins 46,1 points au quatrième trimestre 2024. La perception reste négative, mais l’amélioration est progressive.
Chômage : un pessimisme qui recule
Les anticipations relatives au chômage s’inscrivent dans la même tendance : 65,2% des ménages s’attendent à une hausse du chômage dans les 12 prochains mois, contre 17,5% qui anticipent une baisse.
Le solde d’opinion s’établit à moins 47,7 points, en amélioration par rapport au trimestre précédent (moins 56,4 points) et à la même période de l’année précédente (moins 77,2 points). Le regard porté sur le marché du travail reste préoccupé, mais nettement moins qu’un an plus tôt.
Par ailleurs, les ménages demeurent prudents en matière de consommation de biens durables, car 67,1% considèrent que le moment n’est pas opportun pour effectuer ce type d’achats contre 14,2% qui jugent la conjoncture favorable.
Le solde d’opinion ressort à moins 52,9 points contre moins 57,7 points au trimestre précédent et moins 71,9 points un an auparavant. Là encore, le redressement est lent mais perceptible.
Sur le plan financier, 58,4% des ménages estiment que leurs revenus couvrent leurs dépenses, 39,2% déclarent s’endetter ou puiser dans leur épargne, tandis que 2,4% affirment épargner une partie de leur revenu.
Le solde d’opinion relatif à la situation financière actuelle s’établit à moins 36,6 points contre moins 36,4 points au trimestre précédent et moins 38,9 points à la même période de 2024.
Quant à l’évolution de leur situation financière au cours des 12 derniers mois, 48,6% des ménages déclarent une dégradation contre 5,1% une amélioration. Le solde d’opinion est de moins 43,5 points, après moins 46,8 points au trimestre précédent et moins 47,7 points un an auparavant.
Pour les 12 prochains mois, 16,4% des ménages anticipent une amélioration de leur situation financière contre 20,6% qui s’attendent à une dégradation. Le solde d’opinion atteint moins 4,2 points contre moins 10,0 points au trimestre précédent et moins 16,3 points un an auparavant.
Les perspectives sont donc moins pessimistes qu’auparavant, même si elles ne basculent pas encore dans l’optimisme.
Capacité d’épargne toujours très contrainte
La capacité future à épargner reste très limitée. En effet, 10,7% des ménages s’attendent à pouvoir épargner au cours des 12 prochains mois contre 89,2% qui ne s’y attendent pas. Le solde d’opinion est de moins 78,5 points contre moins 80,8 points au trimestre précédent et moins 77,8 points au même trimestre de l’année passée.
En outre, les perceptions sur les prix des produits alimentaires restent marquées par la hausse : 91,7% des ménages déclarent que ces prix ont augmenté au cours des 12 derniers mois.
Le solde d’opinion s’établit à moins 90,9 points, contre moins 95,5 points au trimestre précédent et moins 97,2 points un an plus tôt.
Pour les 12 prochains mois, 75,0% des ménages s’attendent à une poursuite de la hausse des prix alimentaires contre seulement 2,0% qui anticipent une baisse. Le solde d’opinion ressort à moins 73,0 points contre moins 81,4 points au trimestre précédent et moins 81,8 points un an auparavant. La pression inflationniste perçue demeure donc élevée, même si l’intensité du pessimisme recule légèrement.
L’enquête annuelle du HCP apporte également un éclairage sur la perception de certains aspects structurels entre 2024 et 2025.
En matière de qualité des prestations administratives, 50,1% des ménages perçoivent une amélioration contre 19,5% une dégradation. Le solde d’opinion passe de 38,4 points en 2024 à 30,6 points en 2025, signalant un repli des perceptions positives.
Concernant la protection de l’environnement, 40,6% des ménages jugent que la situation s’est améliorée contre 22,1% qui estiment qu’elle s’est dégradée. Le solde ressort à 18,5 points en 2025, contre 28,8 points en 2024.
Pour la situation des droits de l’Homme, 30,1% des ménages perçoivent une amélioration contre 18,6% une dégradation. Le solde atteint 11,5 points en 2025 contre 16,2 points en 2024.
S’agissant des services de l’enseignement, 25,6% des ménages constatent une amélioration, tandis que 44,8% perçoivent une dégradation. En 2024, ces proportions étaient respectivement de 18,1% et 57,9%. Le solde d’opinion s’améliore ainsi, passant de moins 39,8 points en 2024 à moins 19,2 points en 2025.
En revanche, la qualité des services de santé continue de susciter des jugements négatifs : 62,3% des ménages perçoivent une dégradation contre 11,5% une amélioration. Le solde d’opinion atteint moins 50,8 points en 2025 contre moins 48,8 points en 2024.
La confiance se redresse, mais un quotidien encore sous tension
Au total, l’enquête du HCP montre une amélioration progressive du moral des ménages en fin d’année 2025. L’ICM gagne plus de 11 points en un an, les anticipations sur le chômage et le niveau de vie s’allègent et les perspectives financières sont moins sombres.
Cependant, les soldes d’opinion restent largement négatifs sur le niveau de vie, la capacité d’épargne, l’évolution des prix alimentaires et la situation financière. Les perceptions sur les services publics, notamment la santé, demeurent également défavorables.
L’image qui se dégage est celle d’un redressement graduel de la confiance, porté par des anticipations moins pessimistes, mais encore freiné par un ressenti quotidien marqué par la cherté de la vie et la fragilité des équilibres budgétaires des ménages.