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Importation de moutons : Une opération critiquée malgré les justifications de l’Exécutif

Importation de moutons : Une opération critiquée malgré les justifications de l’Exécutif

La succession des années de sécheresse a durement touché le cheptel national, en particulier les ovins, entraînant une baisse significative de l’offre et une hausse marquée des prix.

 

Pour tenter de juguler cette tension sur le marché, le gouvernement a opté pour l’importation massive de bétail, soutenue par des exonérations douanières et des subventions publiques.

Mais l’impact de cette initiative reste contesté. Malgré les efforts déployés, les prix sont demeurés élevés. Faouzi Lakjaâ, ministre délégué chargé du Budget, l’a reconnu devant les députés : «Le gouvernement a lancé cette initiative en 2023 et 2024 pour renforcer l’offre d’ovins en vue de l’Aïd Al-Adha, mais elle s’est avérée inefficace pour atteindre les objectifs visés».

Plusieurs voix s’élèvent pour dénoncer le coût de cette opération. Nabil Benabdellah, secrétaire général du Parti du progrès et du socialisme (PPS), évoque un montant de 13,3 milliards de dirhams ayant bénéficié à 277 importateurs, et réclame des explications sur l’usage de ces fonds publics.
Le ministère de l’Agriculture a réagi rapidement.

Dans un communiqué, il précise que l’opération d’importation a porté sur 875.000 têtes ovines (386.000 en 2023 et 489.000 en 2024), pour un coût total de 437 millions de dirhams : 193 millions en 2023 et 244 millions en 2024. Au total, 156 importateurs ont participé à l’opération (61 en 2023 et 95 en 2024), selon les données officielles.

Le ministère souligne également que l’importation de bétail reste toujours autorisée, avec la suspension maintenue des droits de douane et de la TVA.
Mais ces clarifications n’ont pas suffi à apaiser les critiques. Mohamed Dahbi, secrétaire général de l’Union générale des entreprises et des professions (UGEP), fédérant chevillards et bouchers, pointe des incohérences : «Les chiffres avancés aujourd’hui ne correspondent pas à ceux communiqués auparavant. Mais au-delà de cette bataille comptable, c’est toute la filière des viandes rouges qui a besoin d’être restructurée».

Dahbi plaide pour un recentrage du soutien public : «Il est impératif de privilégier les petits éleveurs, qui sont souvent les plus vulnérables, au détriment des grands opérateurs qui, dans certains cas, sont également importateurs. Les aides doivent être mieux ciblées pour bénéficier réellement au consommateur final. Il faut renforcer les mécanismes de contrôle et de transparence dans l’ensemble des dispositifs de subvention et d’importation».

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