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Escalade au Moyen-Orient : La cohérence stratégique du Maroc

Escalade au Moyen-Orient : La cohérence stratégique du Maroc

Après les frappes israélo-américaines, et la riposte iranienne qui a visé plusieurs capitales arabes, le Maroc a réaffirmé une position sans équivoque : solidarité avec les Etats du Golfe et condamnation des atteintes à leur souveraineté. Dans une région au bord de l’embrasement, Rabat choisit la clarté et la continuité.

La déflagration provoquée par les frappes israélo-américaines, samedi 28 février, et qui ont coûté la vie à l’ayatollah Ali Khamenei, a instantanément redessiné la carte des tensions au Moyen-Orient. 

La riposte iranienne, annoncée comme «de grande envergure», a embrasé le ciel de plusieurs capitales régionales et confirmé que nous sommes entrés dans une période d’une rare gravité.

Dans ce tumulte, la position du Maroc ne souffre d’aucune ambiguïté. Elle est ferme et s’inscrit dans une cohérence diplomatique qui ne date pas d’hier. 

En effet, lorsque des missiles et drones iraniens ont frappé les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Qatar, le Koweït, la Jordanie ou encore l’Arabie Saoudite, Rabat ne s’est pas contentée d’un communiqué de circonstance.

Le Roi Mohammed VI s’est immédiatement entretenu avec plusieurs dirigeants arabes pour condamner fermement les agressions dont ont été victimes leur pays.

Le message est clair : toute atteinte à la stabilité et à la sécurité des pays du Golfe constitue une menace directe pour l’ensemble de la région.

Le ministère des Affaires étrangères a, un peu plus tôt, condamné avec la plus grande fermeté ces attaques qualifiées d’abjectes, les considérant comme une violation flagrante de la souveraineté nationale des Etats concernés.

Le Maroc affiche ainsi une solidarité pleine et entière avec ses partenaires arabes et soutient toutes les mesures légitimes qu’ils jugeront nécessaires pour préserver la sécurité de leurs territoires et la quiétude de leurs populations.

Souveraineté, la ligne rouge
Cette réaction de Rabat ne relève guère de l’émotion. Elle procède d’une doctrine constante.

La souveraineté des Etats n’est pas négociable. Les ingérences, les milices interposées et les stratégies de déstabilisation sont perçues comme des lignes rouges.

C’est précisément ce qui caractérise la posture problématique du régime iranien. Une posture qui a été notamment à l’origine de la rupture des relations diplomatiques entre Rabat et Téhéran en 2018, à peine quatre ans après leur reprise. 

En effet, le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, avait détaillé à l’époque l’implication confirmée de l’Iran, via le Hezbollah, dans une alliance avec le polisario contre la sécurité nationale et les intérêts supérieurs du Royaume.

Depuis, d’autres faits graves ont été évoqués, comme notamment l’acquisition de drones iraniens par le polisario.

Omar Hilale, représentant permanent du Maroc auprès des Nations unies, avait alors averti que l’Iran et le Hezbollah seraient passés de la formation à l’équipement du mouvement séparatiste.

Mais au-delà du cas marocain, la crise actuelle révèle une constante. L’Iran est perçu par nombre de capitales arabes et occidentales comme un acteur déstabilisateur, accusé de soutenir des milices régionales et de jouer sur plusieurs théâtres simultanément. 

Au sein de la Ligue arabe, «les agissements de l'Iran qui s’opposent aux principes de bon voisinage et menacent la sécurité et la stabilité dans la région» sont régulièrement condamnés.

De même, ce pays est accusé par les Occidentaux de soutenir Moscou dans sa guerre livrée à Kiev, en lui vendant des drones.

En outre, les USA n’ont eu cesse de décrier le soutien de ce pays au Hezbollah et à d'autres groupes terroristes.

Alors, la tempête actuelle qui s’abat sur Téhéran va-t-elle emporter le régime ? C’est ce que nombre d’observateurs espèrent, afin que puissent s’installer une nouvelle caste de dirigeants qui porteront en bandoulière le respect du droit des Etats, la fin des soutiens occultes et un repositionnement régional qui tournerait enfin le dos à la déstabilisation permanente et ouvrirait la voie à un Moyen-Orient fondé sur le respect des souverainetés.

 

F. Ouriaghli

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