L’équipe algérienne a évolué à la CAN 2025 au Maroc dans des conditions normales, sans entraves ni incidents majeurs. Un contraste frappant avec les obstacles régulièrement rencontrés par les clubs marocains en Algérie et une illustration d’une autre manière de faire du sport sans le transformer en champ de bataille diplomatique.
Par D. William
Durant cette CAN 2025 organisée au Maroc, un fait s’impose avec une clarté presque embarrassante pour ceux qui espéraient autre chose : l’équipe algérienne, sa délégation et ses supporters ont été accueillis dans des conditions normales, correctes et professionnelles, à l’image de toutes les autres sélections participantes.
Pas de restriction d’accès, pas de tracasseries logistiques, pas de confiscation de matériel, encore moins de match annulé à la dernière minute. Le Maroc a fait ce qu’un pays hôte digne de ce nom doit faire : garantir le confort, la sécurité et la neutralité sportive, même lorsque le contexte politique régional est tendu. Les faits recensés depuis le début du tournoi parlent d’eux-mêmes.
Aucun incident sécuritaire majeur n’a impliqué la délégation algérienne. Les rares épisodes ayant alimenté la presse relèvent de comportements individuels ou de polémiques numériques. L’interpellation d’un influenceur algérien s’étant filmé dans un geste indécent dans un stade de Rabat ? Une affaire isolée, traitée par les autorités comme elle l’aurait été pour n’importe quel ressortissant d’un autre pays. Une prétendue dissimulation d’un portrait royal dans l’hôtel de la délégation algérienne ?
Une polémique virale, jamais établie par une source officielle. Rien, absolument rien qui révèle un manquement du pays hôte à ses obligations. C’est même l’inverse: malgré un contexte diplomatique délicat, le Maroc a tenu la ligne du sport. Durant toute la compétition, les supporters algériens ont circulé librement, assisté aux matches, chanté, vibré et se sont parfois emportés comme tous les supporters du monde.
Les hôtels ont accueilli la délégation algérienne comme n’importe quelle autre. Les stades ont ouvert leurs portes sans distinction. La CAF n’a signalé aucun dysfonctionnement. Ainsi donc, le tournoi suit son cours. Sobrement. Normalement. Professionnellement.
Contraste saisissant
Ce contraste devient saisissant lorsqu’on regarde de l’autre côté de la frontière. Dès qu’une équipe marocaine pose le pied en Algérie, quel que soit le sport, l’histoire semble se répéter avec une régularité presque mécanique : équipements confisqués, délégations retenues à l’aéroport, matériel média saisi, matches annulés, refus de jouer, boycotts et bras de fer politiques greffés sur des compétitions censées unir.
L’épisode RS Berkane–USM Alger en avril 2024 restera dans les annales, avec des maillots confisqués, un match continental annulé, l’intervention d’instances disciplinaires et une bataille juridique devant le TAS. Il y a eu aussi le CHAN 2023 boycotté par le Maroc pour une question de couloir aérien.
«La sélection marocaine de football n’est pas en mesure de faire le déplacement à Constantine dans la mesure où l’autorisation définitive de son vol Royal Air Maroc (RAM), transporteur officiel des sélections marocaines de football, de Rabat vers Constantine n’a pas été confirmée», avait indiqué la Fédération royale marocaine de football.
De même, en février 2023, lors d’un match devant l’opposer à JS Kabylie, le Wydad s’est vu saisir son matériel audiovisuel et les autorités algériennes ont censuré le drapeau marocain. A chaque fois, Alger a le même réflexe : transformer un événement sportif en extension d’un conflit diplomatique. A chaque fois, on a les mêmes perdants : les joueurs, les supporters et l’image du sport africain. Et à chaque fois, un même message envoyé au monde : en Algérie, le sport ne s’arrête pas au coup de sifflet, mais continue dans les couloirs des ministères.
La CAN 2025, elle, est bien différente. Elle montre un Maroc qui a compris que la meilleure réponse aux tensions n’est pas la surenchère, mais la maîtrise. Offrir à l’équipe algérienne un accueil irréprochable n’est pas seulement un choix organisationnel, c’est aussi une leçon. Car on peut défendre fermement ses positions diplomatiques sans transformer chaque ballon en projectile idéologique.
Si à Alger le sport est trop souvent convoqué comme prolongement du conflit autour du Sahara marocain, à Rabat, il est resté ce qu’il doit être : une compétition. Et c’est précisément là que l’Algérie gagnerait à prendre exemple. Par simple pragmatisme. Bref, au Maroc, l’Algérie n’a manqué de rien et a participé à une CAN de laquelle elle a été éliminée… sans que l’organisation serve de bouc émissaire. Sans autre explication que le score face au Nigeria (0-2).