Le Stade Prince Moulay Abdellah de Rabat sera le théâtre, vendredi à 20h00, d’un quart de finale explosif entre le Maroc et le Cameroun, deux ténors du football africain appelés à livrer un véritable combat pour une place dans le dernier carré de la Coupe d’Afrique des Nations 2025.
Pour ce choc, la Confédération africaine de football (CAF) a confié la direction de cette rencontre au Mauritanien Dahane Beida, un arbitre habitué aux grandes affiches continentales.
Invaincus à domicile depuis 37 matchs, les Lions de l’Atlas abordent ce rendez-vous avec une confiance mesurée mais assumée. Qualifiés après leur succès face à la Tanzanie par 1 but à 0, les hommes de Walid Regragui s’appuient sur un collectif solide et un public acquis à leur cause.
«C’est un choc continental, un vrai combat entre deux grandes sélections. J’insiste sur l’importance du mental, la bataille du milieu de terrain et du soutien inconditionnel du public. Nous avons l’humilité de croire que nous pouvons gagner cette CAN», a résumé Walid Regragui, décrivant l’état d’esprit du onze national.
Même motivation chez les joueurs marocains, à commencer par Neil El Aynaoui.
«Nous préparons le match contre le Cameroun comme une finale et nous allons appliquer les consignes du coach pour s’imposer. Le sélectionneur a réussi à créer un véritable groupe, et pas seulement une équipe, et c’est ce qui fait la force du Maroc dans ses succès. J’ai espoir que cette cohésion sera déterminante lors de ce match décisif», a-t-il affirmé.
«À ce stade de la compétition, toutes les équipes sont bonnes. La force mentale fera la différence et nous permettra d’aller loin dans la compétition. La victoire est importante pour notre pays, pour nos supporters et pour nous-mêmes, afin de réécrire l’histoire», a souligné, pour sa part, Ismael Saibari.
En effet, réécrire l’histoire, voilà un challenge que les Lions de l’Atlas entendent relever ardemment.
Sur le plan offensif, le Maroc comptera beaucoup sur Brahim Diaz, meilleur buteur du tournoi avec quatre réalisations, ainsi que sur le retour en pleine possession de ses moyens de Hamza Igamane, désormais rétabli. En revanche, Azzedine Ounahi est forfait et Sofyan Amrabat reste incertain.
Le Cameroun, un adversaire imprévisible
En face, le Cameroun avance sans pression mais avec de solides arguments. Vainqueurs de l’Afrique du Sud par 2 buts à 1 en huitième de finale, les Lions indomptables ont surpris plus d’un observateur après une profonde refonte de leur effectif et l’arrivée récente, il y a trois semaines seulement, de David Pagou à la tête de la sélection.
Pagou voit dans la solidité mentale une source de motivation supplémentaire pour ses jeunes joueurs.
«La tâche ne sera pas facile. Le passé ne garantit pas les performances futures en football, dans un match opposant deux équipes de niveau équivalent, c’est souvent le mental qui fait la différence. Nous ne sommes pas toujours satisfaits de nous-mêmes. Nous sommes constamment à la recherche de la meilleure formule, car plusieurs secteurs doivent encore être améliorés, tant sur le plan défensif qu’offensif, mais nous sommes sur la bonne voie».
Conscient du fort potentiel de l’équipe nationale, le technicien camerounais poursuit : «Le Maroc dispose d’une grande équipe, avec des individualités très fortes et un collectif performant. L’équipe du Maroc va se préparer au mieux pour tenter de nous battre. Les résultats des confrontations précédentes ne nous offrent aucun avantage psychologique, d’autant plus que la majorité de nos joueurs sont encore jeunes, mais nous sommes là pour se battre et arracher la qualification», a-t-il précisé.
Le Cameroun s’appuie sur une organisation défensive rigoureuse, une puissance physique reconnue et des armes offensives redoutables, à l’image de Bryan Mbeumo, ailier de Manchester United, et du jeune avant-centre Christian Kofane de 19 ans, déjà auteur de deux buts dans la compétition.
L’un des attraits majeurs de ce quart de finale réside dans l’opposition entre Noussair Mazraoui et Bryan Mbeumo, coéquipiers à Manchester United et adversaires le temps d’un match capital. Ce face-à-face sur le couloir promet une bataille tactique intense, chacun connaissant parfaitement les forces et les faiblesses de l’autre.
Ce duel entre Lions de l’Atlas et Lions Indomptables ravive également des souvenirs historiques, notamment la demi-finale de la CAN 1988 remportée par le Cameroun au Maroc.
Les protégés de Regragui, qui espèrent atteindre les demi-finales pour la première fois depuis 2004, ont à cœur d’écrire une nouvelle page de l’histoire du football national.
Le vainqueur de cette affiche prestigieuse affrontera, en demi-finale, le gagnant du quart opposant, samedi 10 janvier, le Nigeria à l’Algérie.
Une chose est sûre, Rabat s’apprête à vibrer au rythme d’un sommet du football africain, rappelant qu’en ouverture de ces quarts, à 17h00 aujourd’hui, le choc 100% ouest-africain opposera le Sénégal au Mali.
Ibtissam.Z