Ph. Reuters
La ville de Sebta a connu, jeudi, un important afflux de migrants en provenance du Maroc, ravivant le souvenir de la crise migratoire de mai 2021.
Selon les autorités espagnoles, plusieurs milliers de personnes ont rejoint l'enclave au cours de la journée, principalement à la nage ou en franchissant les dispositifs de contrôle au niveau de la zone de Tarajal.
Des images diffusées par les médias espagnols montrent des migrants utilisant des chambres à air et d'autres moyens de fortune pour atteindre les plages de Sebta, tandis que d'autres ont réussi à pénétrer dans l'enclave par une ouverture dans la clôture frontalière.
Selon les autorités espagnoles, 9 personnes ont trouvé la mort en tentant de rejoindre à la nage Sebta.
La Guardia Civil a indiqué que les arrivées se poursuivaient «massivement par la mer», sans être en mesure de fournir un bilan précis.
La télévision publique espagnole TVE estime toutefois que le nombre de migrants ayant franchi la frontière se situerait entre 2.000 et 3.000.
Face à cette situation, le président de Sebta, Juan Jesús Vivas, a qualifié l'afflux d'«urgence nationale» et appelé le gouvernement espagnol à mobiliser des moyens supplémentaires afin de reprendre le contrôle de la frontière.
Les structures d'accueil, en particulier celles destinées aux mineurs non accompagnés, sont désormais saturées.
Le ministère espagnol de l'Intérieur a annoncé travailler en étroite coordination avec les autorités marocaines afin de contenir les nouvelles tentatives de franchissement et d'organiser le retour des migrants en situation irrégulière, dans le respect du cadre juridique en vigueur.
Le ministre de l'Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, doit se rendre sur place pour évaluer la situation.
Selon plusieurs responsables espagnols, cette nouvelle vague migratoire s'explique notamment par des conditions météorologiques favorables aux traversées maritimes.
Ils évoquent également les conséquences d'une récente décision de la Cour suprême espagnole limitant les refoulements immédiats des migrants interceptés en mer, même si les causes exactes de cet afflux restent à établir.
Cet épisode rappelle la crise de mai 2021, lorsque près de 10.000 personnes, originaires du Maroc et d'Afrique subsaharienne, avaient rejoint Sebta en l'espace de quelques jours, provoquant une vive tension entre Rabat et Madrid.
Les deux capitales affichent aujourd'hui leur volonté de coopérer afin d'éviter une nouvelle escalade et de rétablir le contrôle des flux migratoires.