L'enclave espagnole de Ceuta fait face à une nouvelle crise migratoire d'une ampleur inédite depuis 2021.
En l'espace de quelques jours, près de 40.000 migrants, principalement de jeunes marocains et des adolescents, ont franchi la frontière séparant le Maroc du préside occupé.
Selon une source policière espagnole, 18 personnes ont perdu la vie par noyade en essayant de rejoindre Ceuta à la nage.
Face à cette situation, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez s'est rendu vendredi à Ceuta afin d'évaluer la situation aux côtés des forces de sécurité et des autorités locales.
Madrid a également annoncé le déploiement de renforts militaires pour sécuriser l'enclave, tandis que le ministère de l'Intérieur affirme travailler avec le Maroc au retour des personnes entrées illégalement sur le territoire espagnol.
Les arrivées se sont poursuivies tout au long de la nuit précédant la visite du chef du gouvernement espagnol. Les autorités évoquent un flux continu de migrants, rendant tout comptage précis particulièrement difficile.
A Fnideq, ville marocaine limitrophe de Ceuta, des milliers de jeunes se sont rassemblés près de la frontière après avoir entendu des rumeurs selon lesquelles le passage aurait été ouvert.
Les forces de l'ordre marocaines sont intervenues pour tenter de contenir les mouvements de foule et empêcher de nouvelles traversées.
Cette vague migratoire constitue le plus important afflux observé depuis la crise de mai 2021, lorsque plus de 10.000 migrants avaient rejoint Ceuta en seulement deux jours.
La France renforce sa vigilance
L'afflux de migrants a rapidement suscité des réactions au-delà de l'Espagne. A Paris, le ministre français de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé un renforcement immédiat des contrôles à la frontière franco-espagnole afin d'anticiper d'éventuels mouvements secondaires vers le territoire français.
Le ministre a indiqué avoir activé la Force Frontière d'intervention rapide et assuré que les autorités françaises restaient en contact permanent avec leurs homologues espagnols.
Les images de centaines de jeunes migrants arrivant à Ceuta, souvent après avoir traversé la mer à la nage, ont rapidement alimenté les débats politiques en Europe et aux États-Unis.
En Italie, la cheffe du gouvernement Giorgia Meloni a appelé à suspendre l'Espagne de l'espace Schengen, une déclaration immédiatement dénoncée par Madrid, qui a convoqué l'ambassadeur italien.
Aux Etats-Unis, plusieurs responsables de la Maison Blanche ont également utilisé ces images pour défendre la politique migratoire de l'administration Trump.