À l’ouverture de la campagne électorale pour le renouvellement de la Chambre des représentants et la formation du futur exécutif, R&D Maroc annonce la publication des conclusions de sa Task Force pour un écosystème national de recherche et d’innovation performant.
Mise en place à l’issue de l’Assemblée Générale de R&D Maroc tenue le 10 juillet 2025, cette Task Force a eu pour mission de contribuer à la formulation de recommandations opérationnelles visant à renforcer la recherche, le développement technologique et l’innovation au Maroc.
Dans ce contexte, R&D Maroc appelle l’ensemble des formations politiques engagées dans le scrutin du 23 septembre 2026 à intégrer la R&D et l’innovation parmi les priorités structurantes de leurs programmes.
Ces leviers sont désormais essentiels pour renforcer la souveraineté économique et industrielle du Royaume, améliorer la compétitivité des entreprises, favoriser l’emploi qualifié et accélérer la transformation du tissu productif national.
Face aux mutations technologiques mondiales, aux exigences de compétitivité et aux ambitions portées par le Nouveau Modèle de Développement ainsi que par les stratégies sectorielles nationales, le Maroc se trouve à un moment décisif.
Sa capacité renforcer la R&D, à transformer les résultats de la recherche en solutions industrielles, en brevets exploitables, en startups innovantes et en emplois qualifiés constituera l’un des déterminants majeurs de sa croissance future.
Cinq priorités pour faire de l’innovation un moteur de développement économique
A l’issue des travaux de la Task Force, R&D Maroc recommande cinq priorités législatives, organisationnelles et économiques pour être prises en considération par le futur gouvernement.
Accélérer et piloter la mise en œuvre de la loi 59-24
La loi 59-24 relative à l’enseignement supérieur et à la recherche scientifique constitue une avancée importante pour le Maroc. Elle ouvre de nouvelles perspectives pour la modernisation de l’enseignement supérieur, la structuration de la recherche scientifique et le renforcement des mécanismes de valorisation.
R&D Maroc souligne toutefois que l’impact réel de cette loi dépendra de la qualité, de la cohérence et de la célérité de ses textes d’application.
Il est donc nécessaire d’engager, dans le cadre d’une concertation avec les parties prenantes, l’élaboration des décrets indispensables à sa mise en œuvre effective, notamment ceux relatifs à la gouvernance, au financement, à la valorisation des résultats de la recherche, aux cités de l’innovation et aux dispositifs de transfert technologique.
Réorganiser et clarifier l’architecture du système national de recherche et d’innovation
Le système national de recherche et d’innovation a connu, au cours des dernières décennies, des évolutions significatives. Ces acquis doivent aujourd’hui être consolidés et réorganisés afin de répondre aux ambitions du Maroc à l’horizon 2030 et au-delà.
La Task Force recommande de structurer cette architecture autour d’une vision nationale claire, intégrée et partagée, permettant une meilleure articulation entre les politiques publiques, les universités, les centres de recherche, les entreprises, les clusters, les centres techniques et les structures d’accompagnement.
Cette architecture devrait reposer sur trois piliers complémentaires : une structure nationale dédiée au pilotage de la recherche, une agence nationale de l’innovation orientée vers les besoins des entreprises et des territoires, ainsi qu’un dispositif de financement cohérent et lisible de la recherche et de l’innovation.
L’enjeu est de doter le Maroc d’un système plus agile, mieux coordonné et davantage orienté vers la création de valeur, afin d’aider les entreprises marocaines à renforcer leur compétitivité, soutenir la concurrence internationale et créer des emplois qualifiés.
Renforcer les relations entre universités, centres de recherche et entreprises
Le rapprochement entre universités, centres de recherche, centres techniques, clusters et entreprises constitue un levier stratégique pour stimuler la recherche appliquée, l’innovation industrielle et l’employabilité.
Les initiatives isolées, bien qu’utiles, ne suffisent plus. Une approche systémique et intégrée est nécessaire pour transformer les résultats de la recherche scientifique en solutions concrètes au service de l’économie nationale.
R&D Maroc recommande de renforcer les mécanismes de partenariat entre le monde académique et le tissu productif, notamment à travers des incitations fiscales adaptées, des dispositifs de financement collaboratif, le développement des cités de l’innovation, la mise en place de plateformes de mise en relation et l’accompagnement des TPME et PME dans leurs projets de R&D et d’innovation.
Valoriser les résultats de la recherche et accélérer le transfert technologique
La valorisation des résultats de la recherche demeure un enjeu central pour transformer la production scientifique en valeur économique, sociale et industrielle.
R&D Maroc recommande de renforcer l’ensemble de la chaîne de transfert technologique, depuis l’identification des résultats valorisables jusqu’à leur mise sur le marché. Cela suppose de clarifier les règles de propriété intellectuelle, de professionnaliser les structures de transfert de technologie, de financer les phases de maturation, de prototypage et de preuve de concept, et d’encourager la création de startups issues de la recherche.
Un écosystème national d’innovation performant doit permettre aux chercheurs, aux universités, aux entreprises et aux investisseurs de travailler dans un cadre clair, incitatif et sécurisé.
Mettre en place un dispositif national de collecte et de suivi des données R&D&I
Les données relatives à la recherche, au développement et à l’innovation constituent un outil essentiel de pilotage stratégique et d’aide à la décision. Elles permettent de mesurer les efforts consentis, d’évaluer les résultats obtenus, d’identifier les priorités et d’orienter les politiques publiques.
Aujourd’hui, ces données demeurent dispersées entre plusieurs départements ministériels, institutions et organismes. Leur centralisation, leur actualisation régulière et leur mise à disposition constituent une condition indispensable pour suivre l’évolution de l’écosystème national de R&D et d’innovation.
Dans ce cadre, R&D Maroc recommande d’activer la mise en place du système d’information prévu par la loi 59-24, de développer un dispositif national de suivi des indicateurs R&D&I, et de conduire périodiquement, par un organisme indépendant, des enquêtes sur la R&D et l’innovation, notamment auprès des entreprises.
La mise en place d’un Moroccan Innovation Index permettrait de disposer d’un tableau de bord national, fondé sur des indicateurs fiables et comparables, au service des pouvoirs publics, des entreprises, des chercheurs et des acteurs de l’innovation.
Placer l’innovation au cœur du débat public
Pour R&D Maroc, le calendrier de cette annonce traduit une conviction forte : la recherche, le développement technologique et l’innovation doivent occuper une place centrale dans le débat public et dans les programmes de gouvernement.
Le Maroc ne peut plus se limiter à être un consommateur de technologies.
Il doit renforcer sa capacité à produire, adapter, protéger et valoriser ses propres solutions technologiques, en lien avec les besoins de son économie, de ses territoires et de ses entreprises.
La R&D et l’innovation ne sont pas des sujets sectoriels réservés aux universités ou aux laboratoires. Elles constituent des leviers transversaux de souveraineté, de compétitivité, d’emploi qualifié, de transition énergétique, de transformation numérique et de montée en gamme industrielle.