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Législatives 2026 : Souriez, vous êtes courtisés !

Législatives 2026 : Souriez, vous êtes courtisés !

A l’approche d’une élection, il se produit toujours un petit miracle… qui ne dure jamais longtemps : le citoyen redevient le centre du monde politique. On vient à sa rencontre, on l’écoute avec une attention renouvelée, on s’intéresse à son pouvoir d’achat, à son emploi, à ses enfants et même à ses inquiétudes. Bref, pendant quelques jours, ses problèmes deviennent ceux de tout le monde.

Nous sommes dans la dernière ligne droite avant les législatives du 23 septembre. Dans quelques jours, les Marocains inscrits sur les listes électorales seront appelés à renouveler les 395 sièges de la Chambre des représentants.

En attendant, le pays vit au rythme des affiches, des meetings, des tournées, des vidéos et des poignées de main. Beaucoup de poignées de main.

Car en période électorale, la main du citoyen acquiert une valeur insoupçonnée. Tout le monde veut la serrer.

Le commerçant devient soudain digne de toutes les attentions. L’agriculteur, incontournable. Le jeune, prioritaire.

La femme, indispensable. Le retraité, enfin entendu. L’entrepreneur, moteur de la croissance. Bref, le citoyen lambda finit par se sentir aimé.

Il faut dire que la concurrence est sérieuse : 1.850 listes et 7.288 candidatures pour 395 sièges, soit plus de 18 candidatures par siège.

A ce niveau de compétition, mieux vaut effectivement serrer quelques mains supplémentaires.

Mais au-delà de cette agitation, se pose une question : quelle relation les Marocains entretiennent-ils encore avec la politique ?

Car le défi des partis n’est plus simplement de convaincre l’électeur de choisir une couleur plutôt qu’une autre. Il faut d’abord convaincre une partie des citoyens que ce choix peut changer quelque chose.

C’est particulièrement vrai pour les jeunes.

Ils sont omniprésents dans cette campagne. On leur promet des emplois, des financements ou encore des opportunités. Les partis les traquent jusque sur les réseaux sociaux, devenus des terrains à part entière de la compétition électorale.

Seulement voilà : les 18-24 ans ne représentent que 4% des 15,8 millions d’inscrits. La politique parle donc énormément à une jeunesse qui, électoralement, lui répond beaucoup moins.

C’est peut-être l’un des paradoxes de ce scrutin. Aucune stratégie de communication ne remplacera durablement la conviction, chez un jeune, que son bulletin peut avoir une conséquence sur sa vie.

Parce que les Marocains ont déjà entendu beaucoup de promesses. Davantage d’emploi, pouvoir d’achat amélioré, école transformée, hôpital modernisé, territoires mieux servis, investissement encouragé et les jeunes mieux accompagnés.

Tout cela est bien beau.

Mais un programme politique ne devrait pas seulement expliquer ce qu’un parti veut faire. Il devrait permettre de savoir combien cela coûtera, comment cela sera financé, dans quel délai cela sera réalisé et selon quels indicateurs les citoyens pourront, cinq ans plus tard, vérifier le résultat.

Car le 23 septembre n’est finalement que le début. Le véritable rendez-vous commencera le 24.

Ce jour-là, les urnes auront parlé. Les affiches commenceront progressivement à disparaître. Les candidats retrouveront des agendas plus chargés.

Et les citoyens, eux, retrouveront exactement les mêmes problèmes que la veille. Les factures seront toujours là.

Les demandeurs d’emploi continueront à chercher du travail.

Les entreprises continueront à chercher des marchés. Le pouvoir d’achat continuera à dicter les fins de mois des ménages.

Et les jeunes continueront à se demander quelle place leur réserve réellement leur pays.

C’est à partir de ce moment-là que les vainqueurs du scrutin devront réussir l’exercice le plus difficile de toute campagne électorale : passer des promesses aux réalisations.

 

F. Ouriaghli

 

 

 

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