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Peine de mort : Les défenseurs des droits humains appellent à son abolition au Maroc

Peine de mort : Les défenseurs des droits humains appellent à son abolition au Maroc

Le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), la Coalition marocaine pour l’abolition de la peine de mort, l’Observatoire marocain des prisons et les réseaux nationaux opposés à cette sanction appellent le nouveau gouvernement à inscrire l’abolition de la peine de mort parmi les priorités de la réforme législative.

Une revendication qui intervient dans le cadre de la révision du système pénal et du renforcement des garanties du droit à la vie.

Cet appel figure dans une déclaration publiée à l’occasion de la conférence de presse annuelle de plaidoyer, organisée le mardi 20 octobre 2026 au siège du CNDH à Rabat, à l’occasion de la Journée mondiale contre la peine de mort.

Les signataires appellent à franchir une nouvelle étape, en passant des acquis constitutionnels et des avancées en matière de droits humains à l’abolition légale de cette peine pour tous les crimes, sans exception.

Dans son intervention, Amina Bouayach, présidente du CNDH, a souligné que le débat sur la peine de mort dépasse les seules considérations juridiques et judiciaires.

Il interroge la conception de la justice que la société souhaite promouvoir, sa capacité à protéger la vie et à préserver la dignité humaine, tout en garantissant les droits des victimes et de leurs familles.

Elle a rappelé que le Maroc observe, depuis 1993, un moratoire de fait sur les exécutions. Cette situation montre, selon la présidente, qu’il est possible de protéger la société et de rendre justice sans recourir à la peine capitale.

Elle a également mis en avant la reconnaissance constitutionnelle du droit à la vie, le vote du Maroc en faveur d’une résolution des Nations unies appelant à un moratoire mondial sur les exécutions, ainsi que l’organisation prévue à Marrakech du 10ᵉ Congrès mondial contre la peine de mort.

Une initiative qui devrait renforcer la place du Royaume dans le débat international sur le droit à la vie.

Les participants estiment que les conditions d’une abolition de la peine de mort au Maroc sont désormais réunies, au regard des acquis constitutionnels et des avancées en matière de droits humains.

Ils appellent ainsi le Parlement à dépasser les hésitations législatives et le gouvernement à ratifier le deuxième Protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, qui vise l’abolition de la peine de mort.

La déclaration s’appuie notamment sur l’article 20 de la Constitution, qui consacre le droit à la vie comme le premier droit de tout être humain et prévoit sa protection par la loi.

Elle fait également référence aux recommandations formulées par l’Instance équité et réconciliation dans son rapport final de 2006, notamment en matière de réforme de la justice pénale et d’adhésion au deuxième Protocole facultatif.

Les défenseurs de l’abolition soulignent que la suppression de la peine de mort ne signifie ni indulgence envers les auteurs de crimes ni indifférence à la souffrance des victimes et de leurs familles.

Ils y voient une conception de la justice qui concilie la protection de la société, la reconnaissance des préjudices subis et les possibilités de réhabilitation.

Ils plaident ainsi pour un débat public plus large sur le droit à la vie, qui dépasse les réactions émotionnelles suscitées par les crimes passibles de la peine capitale et s’inscrive dans le respect des principes constitutionnels et de la dignité humaine.

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